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Les tornades en Charentes et en Charente Maritime
(dossier actualisé début avril 2012 par Nicolas 17/69)

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Avant propos :

Ces pages sont la synthèse d’une étude et d’un recensement des tornades effectués sur les Charentes et régions limitrophes de 2004 environ à fin 2009, complété de quelques évènements survenus les années suivantes. Vous trouverez le lien vers la version complète ici . Avant d’entrer dans le vif du sujet, trois petites remarques :

- Le potentiel des résultats de cette étude dépasse probablement le simple cadre régional. Il faut en effet savoir que l’étude de la climatologie des tornades en France reste pour ainsi dire inexplorée hors des cercles scientifiques cloisonnés. Les très grandes difficultés rencontrées dans le recensement des cas, pour lesquels nous ne disposons le plus souvent que d’une information minimale, contribuent largement à ces lacunes. Or dans ce contexte, sans prétendre faire de la recherche proprement dite, cette étude bénéficie d’un exceptionnel recul quasi exhaustif de 16 ans (1994-2009) qui non seulement a fait remonter un nombre particulièrement impressionnant de cas (voir liste), mais en outre m’a permis certains constats comme la découverte de couloirs ou de possibles cycles d’occurrences etc. Une fois vérifiés par des personnes compétentes, j’ose penser que ces constats pourraient servir de base à des réflexions et pistes de recherche sérieuses dont l’intérêt peut concerner le territoire national (même s’il y a de très probables disparités entre régions). De plus un cas, celui de Varaize, pourrait bousculer les records déjà connus avec une possible largeur de 1200 m.

- Les difficultés particulières rencontrées à l’époque dans la région pour obtenir des informations expliquent le nombre important de cas pratiquement sûrs mais n’ayant pu être validés. Pour approcher au mieux la réalité climatologique de la région en contournant le piège de la sous représentation, j’ai donc délibérément choisi de les inclure dans les cartes et les statistiques. A distinguer bien sûr des cas simplement possibles ou incertains. Mon échelle de fiabilité est détaillée en page 7 de l’étude intégrale.
D’autre part sans enquête de terrain, tout classement ne peut être que provisoire même avec des informations apportées par la presse ou autres sources fiables. Nombre de classements sont donc ici des classements-planchers.

- L’échelle utilisée. Alors que la nouvelle échelle de Fujita a été introduite et s’est répandue en France depuis quelques années, j’ai délibérément choisi ici de conserver l’ancienne échelle. Pourquoi ? Simplement parce que la nouvelle, conçue en rapport avec l’architecture et l’environnement américain, n’est pas adaptée à l’Europe*. Son utilisation en France reste source potentielle d’erreurs surtout quand elle est appliquée aux cas anciens pour lesquels on n’aura évidemment pas pu enquêter à nouveau. Actuellement l’ESSL envisage ce qui semble être l’une des solutions possibles, la création d’une échelle à l’européenne mais cela nécessitera une réévaluation dont je crains qu’elle n’aggrave encore davantage les erreurs si elle n’est pas faite rigoureusement.
Tout cela justifie donc mon choix de rester au plus près de l’information d’origine en conservant ici les anciens classements.

- Le vocabulaire : quelques remarques à ce propos, et notamment sur l’utilisation du mot « trombe » dont le sens a été dévoyé durant les dernières décennies, sont à découvrir dans l’étude intégrale. J’ajouterai ici que le mot « tornade » a lui-même été employé dans le sens généralement compris par les passionnés de météo français, qui est plus large que la stricte signification officielle américaine. Cette dernière en effet réserve l’appellation “tornado” aux seuls cas d’origine supercellulaire, les autres cas étant appelés « landspouts ».

* On the implementation of the enhanced Fujita scale in the USA https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=gmail&attid=0.1&thid=12a…
Charles A. Doswell III, Harold E. Brooks, Nikolai Dotzek
Atmospheric Research 93 (2009) 554-563

 

Introduction :

Les Charentes sont sujettes aux gros coups de vent et violents orages localisés, qui éclatent régulièrement, aspect assez méconnu d'une région au climat par ailleurs si doux et à l'ensoleillement si agréable.
Cette étude des tornades porte sur une portion de territoire centrée sur la Charente Maritime (v. carte ci-dessous). Sur cette zone les résultats de mes recherches ont fait ressortir des évènements réguliers, même si minoritaires par rapport aux autres évènements orageux (19 cas de tornades avérées ou fortement probables sur les 12 dernières années, les mieux étudiées).

La carte ci-dessous (actualisée fin 2009 ) localise tous les cas répertoriés sur la zone : tornades recensées/avérées et fortement probables en rouge, cas plus incertains en orange :


(Pour voir la carte avec + de qualité en grand format cliquez-ici)

Les principaux cas

Voici une sélection de cas. Pour davantage de détails et la liste complète des cas, voir l’étude intégrale.
Bonne lecture !

La Rochelle (17) le 18 avril 2009 : ?
Un tuba épais et bien formé a été filmé pendant quelques minutes par un observateur, et mis en ligne. Un autre témoignage et une autre photo sont depuis venus bousculer la donne. Contrairement à ce qui est affirmé pour la première vidéo, l’évènement de la deuxième photo se serait produit dans le secteur de Lagord, en pleine terre et la photo ne laisse quasiment aucun doute sur une jonction possible avec le sol. Il pourrait aussi s’agir de 2 évènements séparés mais cette dernière hypothèse est peu probable, les deux vortex se ressemblant beaucoup en aspect et durée (horaires malheureusement non vérifiables).

Conclusion 

Même si une certaine marge d’erreurs est possible, les résultats de cette étude devraient nous faire réfuter définitivement l’adjectif « rare » voire « rarissime », concernant les trombes toutes intensités confondues. Au moins pour cette région, et très probablement pour toutes les régions situées dans le couloir Charentes-NPDC, mis en évidence par Jean Dessens. Heureusement l’idée qu’il y a des tornades en France semble maintenant faire son chemin au moins dans les milieux déjà initiés.
La nuance étant simplement qu’une tornade reste, en France, un phénomène extrêmement bref et localisé. De ce fait, elle fera moins de dégâts, beaucoup moins de victimes et va donc moins faire parler d’elle qu’un tremblement de terre par exemple. On comprend donc qu’elle ne fasse pas l’objet des mêmes priorités, en matière de Sécurité Civile et prévention des catastrophes, que les inondations ou les incendies de forêt.
Je n’oublie pas non plus que ces phénomènes sont pris dans leur ensemble, toutes échelles d’intensité confondues . Il est donc évident que les tornades très puissantes (F3 et davantage) sont effectivement rares voire rarissimes : une F4 et peut-être une ou deux F3 pour la période 1970-2004. Une autre F3 pour la période ancienne. Pas de F5 recensée à ce jour. Peut-être pourrait-on conclure à une poignée de très grosses tornades par siècle (un peu comme les « tempêtes du siècle ») ? En tout cas, que l’on se rassure. On peut tout à fait couler des jours paisibles en pays charentais dont les caractéristiques les plus marquantes du climat restent encore le soleil ( littoral du 17 ) et la douceur.

Cependant, sans être bien sûr aussi fréquentes que les orages, les tornades en Charentes surviennent pratiquement tous les ans, et souvent plusieurs fois par an.
Notons toutefois que le recul de 16 ans, sur lequel se basent mes statistiques, ne permet pas d’éliminer totalement l’hypothèse des cycles d’intensité à l’échelle des décennies, eux-mêmes liés à l’histoire du climat de notre région, qui peuvent peut-être laisser supposer des périodes d’accalmie totale sur plusieurs années de suite. Les années 2010-2012 postérieures à la clôture de mon étude, semblent d’ailleurs accréditer le retour d’une telle période d’accalmie comparable à celle de 1994-1995 (cf. graphique plus haut). Mais si cela devait se prolonger ensuite, les lacunes médiatiques en deviendraient un facteur responsable de plus en plus probable.
Autre remarque, l’augmentation classique du nombre de cas qu’on observe dans la plupart des régions dès l’apparition du net (début des années 2000) ne s’observe pas ici grâce au recul de 16 ans, ce qui accrédite évidemment la thèse selon laquelle cette brusque augmentation dans les autres régions n’est pas d’origine climatologique. Difficile de toute façon de faire un quelconque lien avec le réchauffement climatique, étant donné que les années 2000 marquent même une certaine accalmie par rapport à la fin des années 90. Ce phénomène reste probablement à relier au changement de prédominance des flux d’Ouest, beaucoup plus nombreux dans les années 90, eux-mêmes reliés à des phénomènes cycliques de très grande échelle comme la NAO…
Enfin, est-il vraiment utile de le préciser, l’énorme trou de 108 ans dans le recensement entre 1863 et 1971 relève évidemment de la retombée entre deux périodes de « flambée de recensement ». On remarque d’ailleurs que les deux périodes sont inaugurées à chaque fois par une très grosse tornade, qui a du marquer les esprits et déclencher une vague de recensements postérieurs.

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